SALLE ZINGA ZANGA – BEZIERS 17 MARS 2011

 

20 h 30 – En première partie le groupe Bizern enchaîne les unes aux autres des petites scènes musicales qui s’étirent en longueur. Le chanteur a des allures et des accents de Cali. Moins de trois quart d’heure plus tard, petit entracte pour préparer la scène. Fabrice Fourgeaud accorde les guitares…
L’attente n’est pas très longue.

21 h 20 – Un violon, un alto, un violoncelle joué par Jean-Philippe Audin s’il vous plaît : c’est la composition du trio qui entre le premier sur scène suivi de Philippe Djian et Stephan Eicher. Le trio les accompagne dans leur nouvelle tournée. Philippe Djian se place à gauche debout derrière un pupitre et un micro, Stephan Eicher à notre droite s’assoit, une guitare sur les genoux.

« Durant un long moment » la voix de P.Djian s’élève sur les mots si familiers, si accrochés à nos oreilles et à nos cœurs de la chanson de « Carcassonne ». C’est un sacré bon début de concert suivi de « Pas d’ami ». Philippe et Stephan chantent ensembles et la musique du trio les accompagne tout en douceur, soulignant avec précision les mots et les voix.

Puis Stephan prend la parole pour nous présenter ses compagnons de scène et leur spectacle. Il nous parle des chansons errantes (sans maison dit-il) utilisant la métaphore du S.D.F. pour parler des chansons n’ayant pas trouvé place sur un disque et qu’ils vont nous évoquer ensembles ce soir. Et c’est au tour de Philippe de nous dire un texte… Etait-ce celui de « confettis » ? J’ai la mémoire qui flanche… En tout cas, je suis sûre de la suite. Tous ensembles ils nous interprètent un fabuleux « Dis-moi où » sur lequel les sons de l’alto se font divine cora africaine. C’est au Sénégal que j’ai entendu pour la première fois « Dis-moi où ». Oh ! Je suis aux anges. Comment décrire mon sentiment ? Cette chanson a toujours eu pour moi des accents africains flirtant avec les souvenirs d’une époque toute personnelle et toute particulière. J’aurais tellement envie de témoigner de ma reconnaissance en cet instant… Je suis émerveillée !

Echange entre Stephan Eicher et Philippe Djian à propos du troisième personnage qu’ils forment lorsqu’ils travaillent ensembles et des réactions que cela provoque chez leurs épouses inquiètes lorsqu’elles écoutent les paroles des chansons… Stephan se défend : « C’est Philippe qui écrit, ce n’est pas moi ! » Philippe enchaîne alors avec « Ce n’est pas vrai… Je n’ai jamais parlé de ta poitrine… ». Il en assume les mots. Cela fera-t-il un jour une chanson ? Nous ne le savons pas encore.

Suivent « Tu ne me dois rien » et « Des papillons ». Entre-temps, Stephan nous parle de quoi ? De choses et d’autres qu’il enlumine de « Je va… » répétitifs et ravissants ! Aurait-il conservé avec les années ce défaut si plaisant ? Ou bien cultive-t-il son personnage ? Qui peut savoir ? Mais si c’est une coquetterie, pour ma part, je lui sais gré de la conserver !

C’est au tour du sublime et si doux « Rivière » dont on ne se lasse pas. Et comme pour répondre à cette douceur, les deux amis entament une toute nouvelle chanson qu’ils chantent avec beaucoup de force et de conviction et que j’intitulerais « Elle me dit ». Nous aimerions bien que cette S.D.F. trouve un jour sa place sur un cd pour ré – entendre les mots et en saisir le sens.

Mais, partons en « Voyage » … « Je suis un grain, je suis une poussière… » comme nous tous ici ce soir, en train de boire les paroles connues, méconnues ou inconnues de nos artistes préférés et de nous en délecter. Encore une fois, Philippe nous présente « cette femme assise seule au bar et son soulier droit la blesse… ». Le texte n’est sans doute pas encore connu du grand public… Il m’est pourtant très familier pour l’avoir entendu quelquefois.

Sur « Eldorado », il y avait « Pas déplu » la chanson entièrement écrite, paroles et musique par Philippe Djian. C’est un bonheur de l’entendre interprétée ce soir par les deux artistes sur scène. Elle enchante l’auditoire. Et comme la douceur est le maître mot de la soirée, ils continuent avec « Venez danser ».

Voici la minute Philippe Djian : Il nous offre quelques pages de son futur roman avec la crainte de plomber l’ambiance… car cela commence par le suicide d’un jeune homme, mais nous rassure-t-il, ça s’améliore ensuite… Et là, nous nous disons que Philippe Djian n’a décidément pas peur d’explorer tous les scénarios possibles de la vie, comme s’il avait soif de vivre toutes les expériences dans une seule, la sienne.

C’est au tour de l’incontournable « Déjeuner en paix » de venir ponctuer la soirée avant le rappel. Entre-temps Stephan s’est mis au piano et nous promet une histoire s’il fait au moins trois fautes… Non, je ne dirai rien, il faut aller voir le spectacle !

Ô Ironie conclura définitivement la soirée.
Comme le temps passe vite quand on ne s’ennuie pas !
L’impression générale qui se dégage de ce spectacle est une ambiance très douce, chaque chanson choisie se prêtant à l’atmosphère souhaitée. D’ailleurs, je conseillerais ce spectacle à tous ceux qui aiment les ambiances sereines, gracieuses, intimistes.

Philippe Djian a pris beaucoup d’assurance sur scène depuis le « Marathon des Mots » à Toulouse en 2007, car il ne se met plus en retrait et chante toutes les chansons avec Stephan Eicher.
Je n’aurais jamais dû écouter certaines sirènes qui m’ont fait croire que ce spectacle était une préparation à la sortie d’un futur CD, et j’attendais quelques nouveautés. Or, en ce qui me concerne, à l’exception d’une chanson et du nouveau texte de P.Djian, je connaissais tout. Dans un premier temps, j’en ai conçu une petite frustration qui n’avait rien à voir avec la qualité du spectacle.
Et puis, en y réfléchissant, nous allons bien écouter les reprises de Ferrat, Brassens, ou Barbara sans espérer de nouveautés… pourquoi pas celles de Stephan Eicher et Philippe Djian ? Ce spectacle m’a rappelé, d’une certaine façon, celui du « Backstage Concerto » en 1997 avec ses reprises accompagnées d’un quatuor classique.
Quoi qu’il en soit, il pourrait bien repasser dix fois dans la région que j’irais chaque fois le voir avec autant de plaisir.

Enfin, comme tout bon repas n’est pas complet sans le café, le pousse-café et quelques douceurs, il nous fallait bien un après spectacle ! Et nous avons attendu dans le hall du théâtre Stephan et Philippe qui sont arrivés peu après pour nous signer tout ce que nous avons bien voulu leur présenter, acceptant avec beaucoup de grâce et de gentillesse et malgré la fatigue, de poser pour quelques photos.

Merci à vous deux. Nous vous aimons.


Monoceros (c)


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